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Marika Poquet, photoreporter

LE REGARD DE...
Elle sillonne la planète pour capter des moments uniques et des émotions rares. Son travail m'émeut depuis des années, témoignage de l'expression de notre monde. Marika Poquet, basée à Singapour, a accepté de répondre à mes questions....

Que cherchez-vous à transmettre avec vos photos?

A travers mes photos, je chercher surtout à capturer des émotions. Même lorsque je prends des photos purement visuel (photos de batiments par example) mon intention est que le spectateur ressente de fortes émotions.

Pour moi, la photographie permet de montrer une image de la condition humaine : la douleur, la tristesse, la joie, la solitude ou l’amour.

J’aime errer dans les rues avec mon appareil photo pour essayer de capturer la vie quotidienne des hommes et leurs différentes cultures.

La photo est-elle un moyen de communication?

La photographie est un moyen d’explorer le monde et de le comprendre.

Les photos sont une forme d’éducation. Elles permettent d’apporter de la connaissance sur le monde, sur les populations et la manière dont elles vivent dans leur environnement.

Les images sont réussies lorsqu’elles permettent de ressentir des émotions fortes.

Comment choisissez-vous les pays dans lesquels vous travaillez?

Je voyage dans de nombreux pays qui m’attirent pour des raisons diverses notamment leur histoire, leur population et leur culture. Je suis de nature curieuse et j’aime découvrir des endroits nouveaux.

J’habite en Asie depuis 10 ans mais j’ai aussi voyagé sur d’autres continents. Mes voyages m’ont emmenée dans des endroits très divers allant de la Mongolie, Cuba, l’Ethiopie, l’Inde, le Népal, la Corée, le Japon et encore bien d’autres. J’ai encore une longue liste de pays que je souhaite découvrir dans les prochaines années. Je suis particulièrement attirée par le continent Africain.

Tissez-vous des liens avec les personnes que vous photographiez?

Cela dépend des situations. La plupart du temps, je cherche à prendre des moments non posés, sincères et j’essaie de me rendre invisible afin que les personnes photographiées continuent à se comporter naturellement. Si les gens me voient, je leur souris. Dans ces occasions, les personnes s’approchent souvent de moi pour discuter. Je me souviens de certaines instances durant lesquelles j’ai passé des heures à discuter de choses diverses avec des inconnus. Très souvent dans les endroits reculés, je suis invitée à rentrer chez les gens et même si il y a une barrière à cause de la langue, on trouve toujours un moyen de communiquer.

Faut-il avoir le goût des autres pour faire ce métier?

Je ne crois pas qu’il faille aimer les autres pour être un bon photographe. Certains photographes cherchent seulement à montrer une image visuelle. C’est différent pour moi. La plupart de mes photos font la part belle aux individus. J’aime saisir des scènes de vie et ressentir des émotions.

Et le goût du risque?

J’ai été dans de nombreux pays et je me suis rarement sentie en danger. J’aurais tendance à éviter les régions où il y a des conflits car j’ai une famille et je me sens responsable d’elle.

La photo est-elle une invitation à une forme de voyage?

Bien sûr. Montrer de belles images donne envie de voyager et de découvrir les merveilles de la nature qui nous entourent et les contrées inconnues. 

J’ai toujours aimé la photographie de rue et je me souviens errant dans les rues de Paris encore adolescente. J’aime shooter des photos instantanées dans des lieux publics. J’apprécie d’arpenter les rues et de saisir les opportunités de prendre des photos non posées. Cela demande beaucoup de discipline et de concentration.

Je cherche toujours à photographier quelque de chose de beau, de drôle, d’inattendu, d’ambigu. Je peux marcher des heures dans la rue et attendre que quelque chose se produise, attendre le moment décisif, comme disait Henri Cartier Bresson, quand toutes les conditions idéales sont réunies et que j’appuie sur le déclencheur.

Votre souvenir de voyage le plus intense? 

Mon souvenir le plus fort est lorsque je shootais les rues de Calcutta. Ce voyage fut un véritable choc culturel et émotionnel.

J’ai été complètement chamboulée par la ville. Pendant plusieurs jours, j’ai arpenté les rues de cette ville indienne sans prendre une photo. Pendant ce voyage j’ai rencontré une maman qui élevait seule ses 7 enfants. Elle avait une dignité extraordinaire. Cela m’a particulièrement touchée et j’ai passé 6 jours avec eux partageant leur vie quotidienne dans la rue et capturant ces instants avec mon appareil. Ce fut une vraie leçon de vie. A travers mes photos, j’ai tenté de capturer leurs forces, leurs joies, en dépit de leur vie précaire.

http://marikapoquet.com

 

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