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Grâce, calme et volupté en Norvège

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Un colosse, ce ferry. Il peut accueillir plusieurs centaines de passagers. 45 minutes après avoir quitté la ville de BodØ, il ralentit prudemment la cadence devant un ponton taille poupée. Voilà Sorvær, la petite île norvégienne du bout du monde badigeonnée de quelques maisons de bois couleur rouge sang. Sorvær, pas de voiture ni d’épicerie. Sorvær, 5 habitants à l’année. Sorvær, terre d’expression de Håvard Lund, 48 ans, qui a imaginé il y a trois ans un endroit suspendu : des cabanes contemporaines baptisées Fordypningrrommet, espaces pour pensées profondes.

Håvard est un musicien de jazz norvégien talentueux. C’est en venant sur l’île pour composer qu’il a eu l’idée de créer un lieu qui favorise la concentration et la créativité artistique dans son foisonnement le plus délicat. Aujourd’hui, Arctic Hideways est à la fois une résidence d’artistes et un lieu de ressourcement pour voyageurs avides de lieux hors du temps ou urbains stressés.

Car ici, tout a été pensé pour aider à parvenir à une déconnexion maximale. Pour laisser derrière soi quotidien et tracas, et ne favoriser que le vagabondage de l’esprit.

Le concept Arctic Hideways s’articule autour de dix cabanes. Cinq chambres et cinq dédiées aux lieux de vie : cuisine, salon, sauna et salle de bain. Toutes sont éparpillées sur une colline et obligent donc à braver les éléments pour aller de l’une à l’autre. C’était une ferme volonté du fondateur, voire le fondement de son idée : « Les Norvégiens, de surcroît l’hiver, vivent repliés sur eux-mêmes, dans la chaleur de leur maison. Ils se coupent des autres et de la nature qui sont pourtant essentiels. J’ai voulu que ce lien avec l’extérieur s’impose » raconte Håvard Lund, aussi humble que passionné. Toute l’architecture de Arctic Hideway a été pensée pour lutter contre les maux de la société norvégienne. La solitude ou l’alcoolisme au premier chef. Parce que la Norvège est un pays dur où l’on vit caché, contrairement au fameux hygge, l’art de vivre danois, qui est très communautaire. A la latitude de Sorvær, c’est à dire un peu plus haut que le Cercle polaire, à l’exception de l’été, illuminé par le soleil de minuit, l’obscurité imprègne la journée, et aux mois de novembre, décembre et janvier, on ne compte qu’une seule heure de soleil par jour… Quand la lumière est si rare, le moindre éclat devient un souffle vital. Ces cabanes ont donc été conçues en bois avec de larges baies vitrées, véritable ouverture sur les autres et le monde, qui fracassent le silence et l’isolement. Ici, le concept de rideau ou de volet n’a évidemment pas raison d’être.

Tyin et Rieg architects, les deux cabinets norvégiens qui ont travaillé sur ce projet, ont imaginé ce lieu comme une ligne de vie qui s’élève. Les silhouettes des cabanes se découpent et viennent tutoyer le haut de la colline pour atteindre le point culminant mais aussi la pierre angulaire de ce projet architectural : un authentique grenier lapon revisité en mode contemporain (voir encadré) campé sur un pic de béton de plusieurs mètres de haut. De cette « Tower house », comme l’appelle son inventeur, la vue est étourdissante, à 180 degrés sur la mer. C’est dans ce chef d’œuvre que s’installent les artistes qui viennent se couper du monde pour écrire, peindre ou composer

Mais que fait-on à ArcticHideway si l’on n’a pas la fibre artistique ? Pas grand-chose. « Je veux que les visiteurs cultivent l’art de ne rien faire. Qu’ils soient. Mieux : qu’ils soient eux-mêmes » dit Håvard Lund. On fuit l’ordinaire pour se reconnecter à soi-même et à la gratitude de la nature, on prend conscience des ressources limitées, notamment en eau (qui provient de la désalinisation de l’eau de mer), on emprunte la guitare ou le piano… Ici, on essore le temps, on s’amuse à contempler la mer, à promener son regard sur l’eau calme, à percevoir le souffle du vent. On s’émerveille, aussi, devant un envol d’oies sauvages ou de sternes arctiques, on retrouve le goût suave des embruns sur la peau…

Certains se sentent attaqués par la solitude et l’isolement. Ils restent moins longtemps mais reviennent le moment venu.

 


Elle me tente,
cette expérience audacieuse de voyage !






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