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Et « Pourquoi-Pas » Castelbrac ?

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Lorsqu’il visite cette villa légendaire en 1872, Lord Hamilton, colonel écossais héros de la guerre de Crimée, ne peut retenir un « What a bric a brac ! » tellement cette villa était chargée et biscornue.

L’anglais s’étonne aussi de l’agencement de cette maison composée de plusieurs corps de bâtiments, mais tombe sous son charme et son emplacement exceptionnel devant la baie du Prieuré. Il l’achète sur le champ. Presque 150 ans plus tard, le nom est encore terriblement d’actualité. Il a même donné son nom à un quartier de Dinard qui s’appelle « Bric-à-Brac » ! D’où le nom de cet hôtel hors du commun : Castelbrac.

En 1934, une station marine de recherche doublée d’un aquarium, à l’initiative du commandant Charcot, vient s’adosser à la villa. Ce sont les années heureuses du célèbre explorateur, propriétaire du « Pourquoi pas ? » et de l’aquarium de Dinard qui est à l’époque une institution. Ce n’est que dans les années 2000 qu’il se dégrade et tombe presque à l’abandon.

C’est l’époque dont se rappelle Yann Bucaille, le jeune propriétaire, les yeux encore pétillants. A l’époque, il habite Dinard et se souvient, en fouillant dans ses souvenirs, l’avoir visité des dizaines de fois lorsqu’il était gamin. Il le rachète au Muséum d’Histoire Naturelle sur un coup de tête en 2010. Il caresse au départ le rêve d’en faire une maison de retraite pour finir ses vieux jours avec tous ses copains. Mais, multi-entrepreneur, créateur de Voile Solidaire, – une association qui propose des sorties en mer à des repris de justice ou des cancéreux -, il préfère finalement opter pour une dynamique « créatrice d’emploi qui permette de mettre en application des valeurs humaines fortes ». L’aquarium sera transformé en boutique hôtel 5 étoiles et emploie aujourd’hui une trentaine de personnes.

Yann Bucaille est un entrepreneur successfull. Ce qui l’a convaincu d’une chose : on ne s’invente pas hôtelier. Il s’appuie sur l’audace et la créativité de la jeune décoratrice et designer Sandra Benhamou qui, en collaboration avec l’architecte d’intérieur Léonie Alma Mason, s’est investie pendant 2 ans dans le lieu pour le transformer en un espace convivial, élégant sans jamais tomber dans l’ostentatoire.

Sandra Benhamou conserve le cachet ancien de certains plafonds en bois, cheminées, ou jolis escaliers et apporte à l’ensemble une touche de sophistication et d’éclectisme.

Dans certains lieux comme l’accueil, c’est l’esprit anglais Hitchcockien qui a été revisité avec des boiseries vert-bouteille, des tissus écossais et des fauteuils pied-de-poule. Yann Bucaille s’est aussi entouré de l’expertise d’un professionnel de l’hôtellerie de luxe, Dominick Adrian, qui a dirigé des hôtels 5 étoiles et des palaces dans le monde entier et qui, sous le charme de ce lieu magique a accepté de prendre la direction de Castelbrac.

Aujourd’hui, l’hôtel Castelbrac, située en hauteur face à la mer avec sa vue à 360 degrés , est un lieu unique et magique. Situé en plein cœur de Dinard, sur la côte d’Emeraude, il vient raviver une part du passé qui a vu défiler dans la station balnéaire, aux siècles derniers, autant le roi d’Angleterre Edouard VII, que Lawrence d’Arabie, Agatha Christie, Pablo Picasso ou même Albert Lacroix, l’éditeur de Victor Hugo.

La signature de l’hôtel « Soul haven », le refuge de l’âme, se décline à la fois dans l’accueil, la bibliothèque où chaque livre a été méticuleusement choisi, mais aussi, plus surprenant, dans la création d’une chapelle. Le lieu, face à la mer aurait été une formidable terrasse avec vue sur Saint Malo. Yann Bucaille a mis un point d’honneur à ce que cet endroit idyllique devienne un lieu ouvert à tous dans lequel les clients, de toutes confessions, puissent se recueillir. Cette chapelle, d’origine chrétienne, se veut interreligieuse.

Castelbrac réinvente les codes du luxe. Ici, il passe par la sérénité, la bienveillance, la personnalisation et l’exclusivité. D’ailleurs, lorsque vous y séjournerez, vous constaterez que les hôtes ne sont pas des clients mais des convives…

 

Pratique

25 chambres. A partir de 270 euros pour deux. Petit déjeuner, 18 euros. Le restaurant de 28 couverts a été aménagé dans une grande salle ouverte sur la baie du Prieuré, que le commandant Charcot lui-même arpentait en rêvant à ses futures expéditions sur son « Pourquoi-pas ? »

Le must

Paris/ Saint Malo : 3H en train. Ensuite : 2 possibilités : Une tesla vous attend à la gare et vous dépose au Castelbrac. On préfère la solution « Vaporetto », plus romantique : le Fou de Bassan, le bateau de l’hôtel, vous attend à la cale de Saint Malo et vous emmène à l’hôtel en 10 minutes par la mer. Venise dans la Côte d’Emeraude…

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